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par Etienne Tassé
Ghana, Nigeria (Syfia États-Unis) Vérifier l'authenticité d'un médicament par envoi d'un court message gratuit par son téléphone mobile : telle est la solution trouvée par un Nigérian pour lutter contre la contrefaçon. Le procédé fait ses premiers pas dans son pays et au Ghana.
Comment freiner la contrefaçon des médicaments en Afrique ? Sproxil.com, une petite entreprise nigériane, propose une solution qui permet à chacun de contrôler l'authenticité de son médicament par l'envoi d'un simple message électronique. Cette solution a retenu l'attention du jury du concours de l'African diaspora marketplace, un programme de promotion des investissements en Afrique de la diaspora africaine aux États-Unis. Sproxil.com, l'un des 14 gagnants dont les noms ont été dévoilés à Washington en janvier dernier, recevra une subvention comprise entre 50 000 et 100 000 dollars US (37 000 à 74 000 €). Au moment de la foire qui rassemblait les 58 finalistes présélectionnés du concours, les visiteurs se bousculaient devant le stand de la jeune société. Alden Zecha, l'un des responsables, expliquait l'ingénieux procédé : une carte à gratter avec un code caché apposé sur l'emballage du produit par le fabricant. "Il suffit de gratter pour découvrir ce code que vous envoyez par SMS au 38353". Ce numéro d'appel gratuit est le même, quel que soit l'opérateur de téléphonie mobile. "Quelques instants après, vous recevez une réponse par SMS vous informant de la qualité du produit". Dans le cas du Glucophage 500, un médicament pour diabétiques vendu au Nigeria, le message suivant s'affiche si le produit est authentique : "OK, Glucophage 500 mg original. Prenez à intervalles réguliers pour mieux contrôler votre diabète". Dans le cas contraire, l'avertissement est sans appel : "Non. Faux produit". Le client est invité à contrôler l'authenticité du médicament sur le lieu même de l'achat pour pouvoir le rendre immédiatement au vendeur en cas de réponse négative. En effet, s'ils veulent continuer à tromper les malades les fabricants de faux médicaments vont devoir eux aussi mettre des cartes à gratter sur leurs boîtes. D'où l'utilité d'un code crypté. Premières expériences Ce procédé est une idée du Nigérian Ashifi Gogo, propriétaire de Sproxil.com. Licencié en mathématiques et physique, doctorant en sciences de l'ingénieur au Dartmouth College aux États-Unis, il s'est toujours intéressé dans son parcours académique à la recherche de solutions aux problèmes des pays en développement. Le code, unique pour chaque boîte vendue, est crypté de sorte que seul le serveur de Sproxil.com puisse le décrypter, le traiter et y répondre. La diffusion de cette technologie n'est cependant pas une mince affaire. Elle impose aux fabricants de médicaments des coûts supplémentaires pour apposer des cartes à code sur les emballages. En outre, ce système ne peut fonctionner que dans les villages africains couverts par un réseau de téléphonie mobile. Autre limite et non des moindres : en cas d'erreur de saisie du code, la réponse pourrait être négative pour un produit pourtant authentique, le système ne prévoyant que deux types de réponses, "OK" ou "NO". Au Nigeria, l’Agence nationale de contrôle des aliments et des médicaments (NAFDAC) a cependant adopté, depuis le 2 février dernier, cette technologie pour lutter contre les médicaments contrefaits. La première expérience porte sur un seul produit, le Glucophage. Avec le temps, indique un document de l'Agence, publié en février, "Sproxil et ses partenaires étendront cette initiative à tous les autres médicaments touchés par la contrefaçon, y compris ceux vendus dans les hôpitaux et les cliniques". Le même système est en train d'être mis en place au Ghana. Ashifi Gogo a pour ambition de traquer la contrefaçon des médicaments en l'Afrique. Selon les pays, le trafic de faux médicaments peut atteindre plus de 30 % des médicaments mis en circulation. Un vaste chantier. Articles réalisés avec le soutien de Western Union ![]() version imprimable |
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