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par Lydie Herilanto Rakotobe
Madagascar (Syfia Madagascar) Depuis deux ans et le lancement, par l’État, de l’opération copie, de plus en plus d’enfants malgaches ont un acte d’État civil. Désormais, les parents déclarent systématiquement les nouveaux nés et même de façon rétroactive leurs autres enfants encore mineurs. Parmi eux, certains ont abandonné la délinquance depuis qu'ils peuvent aller à l'école.
Félicien, 15 ans, a reçu son acte de naissance l’année dernière. Cet adolescent, originaire de la commune rurale d’Andina (district d’Ambositra) située à plus de 350 km au sud de la capitale malgache, va aujourd’hui à l’école. "Je suis très content, car je m’y suis fait de nouveaux amis", déclare-t-il. Dans certains districts comme celui d’Ambositra, en un an seulement, plus de la moitié des enfants qui n’avaient jamais été déclarés depuis leur naissance ont reçu des copies et ont pu ainsi être scolarisés. Depuis 2007, le programme État civil avancé (ECA) du ministère de l’Éducation nationale, couramment appelé "opération copie", a couvert 680 communes des 22 régions du pays. Dans la partie sud de l’île, parmi les quelque 785 000 enfants recensés, plus de 300 000 ont pu en bénéficier après que leurs parents aient déposé un dossier, selon le ministère de l’Éducation nationale, soit trois fois plus qu’en 2004-2007. Une avancée importante quand on sait que, en 2006, plus de deux millions et demi d’enfants malgaches, selon l’UNICEF, ne disposaient pas d’actes de naissance. Non scolarisables, ces jeunes étaient souvent livrés à eux-mêmes. "Quand j’avais 6 ans, mes parents m’ont dit qu’il était temps pour moi de trouver de l’argent. C’est ainsi que je suis devenu pickpocket", se souvient par exemple Bary, 11 ans, qui fréquente désormais les bancs de l'école. Aujourd’hui, grâce à leur existence légale, bon nombre d'enfants sont moins exploités et leurs droits un peu mieux respectés. Les chiffres du ministère de la Population montrent que 60 % d’entre eux, issus de couches défavorisées, vont désormais en classe. Le nombre de vols a du coup sensiblement diminué dans les communes les plus reculées. "Auparavant, dix enfants se faisaient arrêter chaque mois pour vol dans notre village. Aujourd’hui, il n'y en a plus que deux ou trois", estime Randria, un paysan de la commune d’Andina. Perspectives d'avenir De nouvelles perspectives d’avenir s’ouvrent. "Mes trois petits ont eu leurs copies. Cela veut dire qu’ils ne seront pas toujours des éleveurs de bœufs", se réjouit Roby Randria, lui-même éleveur à Ambalavao tsieniparihy, dans le district de Fianarantsoa (au sud de la capitale). Le programme ECA a en fait eu un double impact : l’enregistrement systématique des naissances et celui, rétroactif, des mineurs de moins de 18 ans, grâce à un jugement supplétif obtenu après constitution d’un dossier. "Les parents étaient invités à faire la déclaration de naissance dans un délai légal de 12 jours, avec un rappel une fois passé ce délai", précise Bruno Ranjatoarivony, membre du noyau technique ECA au sein du ministère de l’Éducation nationale. "Des recensements d’enfants de moins de 18 ans ne disposant pas encore de copies ont également été faits dans chaque commune. Ils ont été 2 450 000 à être enregistrés", ajoute-t-il. Ces premiers résultats ont été rendus possibles grâce au porte-à-porte, de famille en famille, et à une décentralisation efficace avec la participation de différentes autorités. Honoré, un chef de quartier, lui, a fait appel à des animateurs pour parler de ce programme. L’opération se poursuit pour que tous les petits Malgaches aient leurs copies. La crise politique qui secoue ces derniers mois la Grande Île ne semble pas freiner cet élan. La semaine dernière, à Antomadinika, un quartier de la capitale, 70 enfants ont reçu leurs bulletins de naissance. ![]() version imprimable |
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