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par Bréhima Touré
Mali (Syfia Mali) Au Mali, le coton biologique a fait ses premiers adeptes dans le sud du pays. D'abord sceptique, la Cmdt, la société cotonnière nationale, s'associe aujourd'hui au programme d'Helvetas, une Ong suisse, qui développe cette culture.
Tiékoro Sidibé croit fermement à l'avenir du coton biologique. C'est l'un des paysans de Yanfolila au sud du Mali qui s'est laissé convaincre par Helvetas, l'association suisse pour la coopération internationale, d'expérimenter, depuis 1999, la culture du coton sans produits chimiques. En 2000, il a récolté 936 kg de coton graine sur un hectare. Une performance car le rendement de ce coton bio varie de 156 kg à 940 kg contre 1061 kg pour le coton traditionnel. Selon Daniel Valenghi, conseiller à Helvetas, cette disparité s'explique car "la production s'améliore au fur et à mesure que les producteurs maîtrisent les techniques. Tandis que la fertilité du sol augmente d'année en année." En 1999, seuls 9 producteurs avaient accepté de servir de cobayes. La deuxième année, leur nombre est passé à 25. En 2001, 70 ont fait des champs de coton biologique, en dépit de son moindre rendement. En effet, à côté de leurs petites parcelles de bio (0,25 ha), ils poursuivent une production traditionnelle. Ils bénéficient d'équipements subventionnés et de formation. Enfin, "le prix au producteur de coton biologique est supérieur de 20 % à celui du coton conventionne", explique D. Valenghi. Cette année, il se vend donc 240 F cfa le kilo. Ne pas utiliser de produits chimiques présente d'autres avantages, estime enfin le responsable d'Helvetas : pas d'endettement des producteurs pour acheter les produits de traitement, une meilleure santé pour eux et les leurs. 200 producteurs bio en 2004. La Compagnie malienne de développement des textiles (Cmdt) a commencé par regarder d'un mauvais oeil l'introduction du coton biologique au Mali invoquant le risque de la multiplication des insectes sur les champs de coton traditionnel jouxtant les parcelles en bio. Elle craignait aussi une baisse de la production alors qu'avec 600 000 t de coton graine attendues cette année, ce produit est la principale ressource du pays. "Nous étions sceptiques au départ. Nous voulions savoir si c'est rentable. Maintenant, on sait que le coton biologique a sa place au Mali", reconnaît Boubacar Soumaré, de la division recherche de la Cmdt. Aujourd'hui les deux organismes travaillent ensemble. "Nous voulons créer une filière bien organisée et bien maîtrisée en partenariat avec la Cmdt", explique D. Valenghi. Helvetas lancera, en 2002, un nouveau programme de développement de la culture de coton biologique qui devrait toucher 200 producteurs d'ici 2004. L'Ong suisse s'engage à assurer la formation des agents de la Cmdt et des producteurs. La société cotonnière se charge du transport, de l'égrenage, du contrôle de qualité et de la commercialisation. Les producteurs concernés par le programme coton bio doivent éviter de faire travailler des enfants. "Les consommateurs du Nord sont sensibles au travail des enfants, dit-il. Des études ont montré que ces enfants qui travaillent ont des problèmes de santé, d'ensoleillement. Leur scolarité en pâtit aussi;" Le coton bio malien sera certifié par Ecocert, une société de certification spécialisée en agriculture biologique et toute la production sera écoulée au prix fort sans difficulté même si le marché est encore étroit. « Mais il va s'agrandir parce qu'en Europe, les consommateurs se tournent, de plus en plus, vers les produits bio, plaide le conseiller d'Helvetas. Les gens sont inquiets des conséquences des produits chimiques sur leur santé. En plus, la culture bio ne nuit pas à l'environnement.» D'ailleurs, une partie du coton bio devrait être traitée au Mali, grâce à l'installation d'unités de filatures, actuellement à l'étude, et à un appui aux associations de tisserands traditionnels. ![]() version imprimable |
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