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01-06-2001                       >lire les commentaires     >faire un commentaire
par René Delpierre

Belgique
Maires de tous les pays, unissez-vous !

(Syfia Belgique) Confrontés à la paupérisation des citadins, les 300 maires de tous les pays réunis à Bruxelles, ont multiplié et renforcé les accords de coopération entre villes pour mieux échanger leurs expériences.

Quand des maires se rencontrent, de quoi parlent-ils ? Des problèmes urbains, bien sûr. Et des possibilités de collaborer entre eux. C'est ce qu'ont fait à Bruxelles 300 maires venus du monde entier, les 15 et 16 mai, lors de la rencontre Coopération ville-à-ville, organisée dans le cadre de la Conférence sur les Pays les moins avancés (PMA). La ville, ont constaté ces édiles, est le lieu du premier contact avec la pauvreté. Elle est aussi celui où la première action, la plus proche des gens, est possible. Or, selon les participants, les villes des PMA sont confrontées à un double phénomène : "une urbanisation accélérée par l'exode rural dû à la paupérisation" et un manque criant de ressources pour répondre aux besoins sociaux de ces nouvelles populations urbaines. Rien d'étonnant, dès lors, à ce que l'ensemble des maires réunis à Bruxelles ait plaidé pour que les moyens matériels des villes soient renforcés. Mais l'essentiel n'était pas dans ces grandes déclarations. "J'ai été très frappé par le caractère concret de nos discussions. Nous avons glissé des discours onusiens traditionnels vers le travail de terrain", a reconnu Freddy Thielemans, bourgmestre (maire) de Bruxelles, qui présidait la rencontre en soulignant que l'enjeu de la paupérisation se pose dans toutes les grandes villes, celles des pays du Nord comprises. Les maires ont relevé des réussites en matière de coopération entre villes, même si seuls les aspects positifs sont mis en évidence dans ce genre de rencontre internationale. Les délégués de Lomé (Togo) et Freetown (Sierra Leone), notamment, ont présenté leurs expériences pratiques qui, ont-ils dit, réussissent si on "met au clair les avantages comparatifs de chaque partenaire". M. Compaoré, le maire de Ouagadougou a expliqué que le partenariat entre sa ville et celle de Québec (Canada) repose sur une base contractuelle qui fixe les devoirs et les responsabilités de chacun.

Développer la coopération Sud-Sud.

M.Seng Tong, vice-gouverneur de Phnom Penh (Cambodge), a décrit la coopération avec Paris et Venise, sous l'égide de l'Union européenne. Phnom Penh y apporte 20 % des fonds. "Ce projet a permis de définir le développement urbain, en évitant une urbanisation anarchique et en relogeant les squatters. Nous avons pu faire construire des logements par des prêts aux familles pauvres. Et bientôt, la ville belge de Namur va envoyer des étudiants dans nos bidonvilles pour mettre en place des échanges éducatifs." D'autres intervenants ont insisté sur l'importance de la coopération entre villes du Sud, qui vivent des situations proches. Ainsi, pour Peter A. Mavunde, maire de Dodoma, capitale de la Tanzanie, "nos problèmes sont similaires. Par exemple, nous pouvons établir ou faciliter des échanges commerciaux entre villes africaines qui disposent de produits complémentaires. Dans le domaine des campagnes de prévention du sida, les situations entre le Nord et le Sud sont tellement différentes que les solutions du Nord sont peu applicables chez nous. Par contre, nous pouvons apprendre d'autres villes du Sud, et leur montrer ce que nous faisons." La rencontre de Bruxelles a aussi permis de mettre en place de nouveaux courants de coopération entre villes. Un guide de méthodologie sera publié par le PNUD, tandis que l'Alliance mondiale des villes contre la pauvreté va installer une bourse où offre et demande de coopération pourront s'exprimer. Très concrètement, des accords de coopération ont été établis, notamment entre douze villes belges et douze du Sud, dont 8 en Afrique : Natitingou (Bénin), Lubumbashi (RDC), Kairouan (Tunisie), Loropéni (Burkina Faso)… Ou encore entre Oujda (Maroc) et Molenbeek, une commune bruxelloise où la population immigrée originaire du Maroc est nombreuse. Le maire de Bruxelles souhaite d'ailleurs valoriser la contribution des migrants à cette coopération de ville à ville. A noter aussi l'accord de principe pour un partenariat entre Port-au-Prince (Haïti) et Antananarivo (Madagascar), bel exemple de coopération Sud-Sud. Il reste à savoir si les éventuels moyens supplémentaires accordés aux villes seront utilisés dans l'intérêt des populations. Selon Freddy Thielemans, "la coopération entre villes offre moins de risques que l'argent soit détourné de son objectif." D'autant plus que "les villes ont peu d'argent. Les échanges portent beaucoup plus sur des terrains comme la formation du personnel à la gestion." De leur côté, l'Union européenne et le secrétaire d'Etat belge à la coopération ont pris des engagements pour faciliter la collaboration entre acteurs non étatiques et autorités locales.


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